Sport et culture, même combat !

Deux milliards pour la culture, cent vingt millions pour le sport… la comparaison des « plans de relance » des deux secteurs en dit long sur les priorités implicites du gouvernement. Mais soyons justes : ce n’est pas nouveau et le sport, malgré ses 16 millions de licenciés, malgré tout ce qu’il produit en termes de bien-être, d’éducation et de lien social, est un nain politique dans un pays qui a toujours privilégié la noblesse de la culture sur le tiers-état sportif. Regardons les choses en face : la France, sauf pendant les brèves parenthèses enchantées des coupes du monde ou jeux olympiques, n'a pas l’esprit sportif. Elle glorifie l’esprit, ignorant le corps. Quelle dramatique erreur collective ! Nos anciens, les grecs, avaient, eux, tout compris. Nulle festivité qui ne mêle harmonieusement le sport et les arts. Alexandre le Grand, sportif « de haut niveau » avant l’heure, était un passionné de théâtre et de musique et sa fête annuelle des Panathénées comprenait trois concours :« gymnique », hippique, musical et théâtral. Les jeux olympiques antiques juxtaposaient épreuves sportives (courses de chevaux, athlétisme) et événements culturels (concours de musique et de poésie, exposition d’œuvres). Cela perdura pendant un bon millénaire, du VIIIème siècle avant JC au IVème de notre ère. Que s’est-il passé ? Les Lumières seraient-elles coupables de cette césure ? Pourquoi nos élites portent-elles la culture aux nues et ignorent, voire méprisent le sport ? Le sport serait-il réservé à la France « d’en bas » et la culture à celle « d’en haut » ? Pourquoi cette méfiance réciproque entre les milieux de la culture et le monde sportif, alors que les deux poursuivent le même but, l’épanouissement de l’être ?


C’est un français, le génial inventeur de la coupe du monde de football, Jules Rimet, qui disait : « La musique et le football sont les deux plus puissants facteurs capables de vaincre tous les obstacles linguistiques et culturels et de soulever les foules sans distinction ». Musicien et sportif moi-même, je brûle de dire : « Jouons ensemble ! ». Unissons nos forces pour que la culture et le sport, ravalées au rang d’activités « non essentielles » par le discours officiel, soient reconnues à leur juste valeur. Activités « inutiles », peut-être, dans un monde marchand, mais c’est parce qu’elles sont « inutiles » qu’elles sont véritablement essentielles…

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