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La chronique littéraire de Frédéric Thiriez : "L'homme des mille détours", d'Agnès Martin-Lugand

Parue dans Le Nouvel Économiste



Quand deux êtres abîmés par la vie retrouvent le bonheur d’aimer





En toute subjectivité, par Frédéric Thiriez

 


Éditions Michel Lafon, 2023








Lui, Gary, plonge dans toutes les mers du globe depuis 25 ans. Il a commencé à quatre ans et en a fait son métier depuis. “La mer est mon grand amour.”


Mais il porte en lui une blessure encore vive : le divorce d’avec sa femme, qui n’a pas supporté l’infertilité de leur couple et l’en a rendu responsable. Il saigne à nouveau lorsque, au cours d’une mission à la Réunion où il doit encadrer en plongée des biologistes marins, il découvre que la responsable de l’équipe scientifique n’est autre que son ex-femme et que, de surcroît, elle est remariée et enceinte. C’en est trop pour Gary, qui décide de tout lâcher et de rentrer en métropole. “Je n’avais fait qu’entretenir l’amertume de notre histoire ces dernières années… Mais je sentais que j’étais enfin prêt à réagir, à me ressaisir. En tout cas, à tenter de reprendre ma vie en main.”

 

“Mari disparu”

Elle, Erin, vit à Saint-Malo avec ses trois enfants. Comme l’autrice. Elle tient le bar de L’Odyssée, dont elle a hérité de ses parents. Elle aussi a été abîmée par la vie, même si elle fait face courageusement pour protéger ses enfants : son mari a disparu sans laisser de trace il y a sept ans. Juste une lettre, qu’elle a cachée à ses enfants. “Je vais vivre pour moi Erin. Je vais faire tout ce que j’ai toujours eu envie de faire. Être libre. Sans attache… Ne me cherche pas. Interdis aux enfants de le faire, même quand ils seront grands.”


La disparition est pire que la mort : “Un mort existe et laisse une empreinte, une trace de son passage sur terre. Un disparu, non. Un disparu, c’est comme s’il n’avait pas existé. Comme si son existence était fantasmée, n’avait jamais été réelle. Un disparu devient une chimère, un être mythologique.” Pour se libérer de son emprise, Erin prend enfin la décision que lui suggère sa famille : divorcer.

  

Vous, lecteur, avez déjà compris que ces deux-là vont se rencontrer… Vous devrez découvrir sans moi comment et pour quel résultat. Sachez juste que le “mari disparu” d’Erin y aura son rôle et nourrira les rebondissements dramatiques de la deuxième partie du roman, jusqu’à sa toute fin.

 

Servi par une belle écriture, le nouveau roman d’Agnès Martin-Lugand, psychologue de formation, décrit avec profondeur et délicatesse la palette des sentiments humains, les forces et les failles de chacun, il nous parle de l’amour, du désir d’enfants, de l’amour maternel, de l’amour filial, des liens du sang et des liens du cœur, mais aussi de l’emprise et de l’amour toxique. À lire !



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